Nœuds au ventre

Nœuds au ventre (2024) invite à une réflexion sur la sublimation du geste en expression artistique. La trame sonore expérimentale, composée de sons corporels, accompagne une performance d’autocontrition, transformant ainsi la vulnérabilité en force. À travers l’utilisation de capteurs d’électromyographie (EMG), la tension des cordes et les contractions musculaires deviennent les moteurs de la composition musicale, explorant les voies intuitives du corps et soulignant l’expression artistique à travers les microgestes et les signaux anatomiques devenus audioréactifs.

Cette performance a été présentée dans le cadre du Festival Ultrasons à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal. Nicolas Bourgeois s’est vu remettre le prix Martin Gotfrit et Martin Barlett pour les pratiques électroacoustiques en temps-réel en octobre 2024 par la Communauté Électroacoustique Canadienne lors des 25e Jeu de Temps / Times Play (JTTP).

© Nina Gibelin Souchon (2024)

Note de programme : Automatismes gutturaux et magnifications humanoïdes. La notion d’individuation de C. Jung réfère au processus d’intégration des aspects conscients et inconscients de la psyché afin d’atteindre l’unité psychologique et la réalisation de soi. Par la confrontation avec l’Ombre, il est possible de parvenir à une compréhension plus complète des aspects refoulés du soi. Ainsi, Noeuds au ventre se détache du tangible pour s’intéresser davantage à l’impulsif. Cette performance est une sensation, une exploration des voies intuitives du corps comme un outil exploitable. Par le recueillement, une recherche interne des façons de déconstruire le corps pour n’en garder que les signaux anatomiques qu’il communique. En prenant inspiration de l’art du bondage japonais ou shibari (縛り), l’intention est d’offrir un ralentissement, un repliement sur soi-même. Dans l’entremêlement des cordes, une invitation à la contemplation.