Le concept sous-jacent à Dans ma peau s’explique par la contrainte de travailler uniquement avec un microscope portatif. Cet outil permet de saisir des plans inobservables autrement, dévoilant des textures et des teintes variées de la peau. De là, cette vidéomusique est une performance constituée d’un plan-séquence où j’explore mon corps, en insistant sur mes tatouages, mes perçages, et la décoloration de mes cheveux. La caméra du microscope, avec sa résolution moindre, induit un sentiment d’instabilité.
L’exploration du corps est un concept récurrent dans ma pratique artistique, utilisant la vulnérabilité et la dimension organique des mouvements corporels comme premier essor de ma créativité.
Note de programme : Me dénouer des liens dysphoriques que j’entretiens avec mon corps est un travail délicat, une danse entre la compréhension et l’acceptation. Sous le microscope, je me donne à cet exercice d’arpentage pour en souligner ses subtilités. Ces surfaces, dont j’appose usuellement un regard lourd et analytique, se déconstruisent dans un plan séquence d’images humanoïdes grotesques et méconnaissables. Les contours familiers cèdent la place à une redéfinition, chaque recoin devenant une étape vers la réconciliation.
Les nuances de ma peau deviennent une carte, un paysage que je découvre avec une attention renouvelée. Chaque trait, chaque imperfection devient une histoire, une partie intégrante de mon identité en constante évolution. Un voyage transformant mon propre corps en un territoire à explorer, à apprécier et à aimer. C’est dans cette exploration intime que je transcende la dysphorie.
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